Interview Cass Pennant

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Message par Le Dobermann le Sam 27 Mar - 17:02

Cass Pennant : ce nom n’évoque sans doute rien pour beaucoup. Et pourtant, l’écrivain de 58 ans a un lourd passé derrière lui. Son cœur vibrait si fort pour West Ham qu'il fut pendant un temps le meneur de l’ICF (Inter City Firm), l’un des groupes de hooligans les plus violents d’Angleterre.

Comment est perçue outre-manche l’évolution extra-sportive du PSG et du hooliganisme en général par cet ancien bastonneur ?

Cass, le 17 mars, Yann, un supporter du PSG, est mort après avoir été tabassé par des fans du même club mais pas de la même tribune. Comprenez-vous cela ?

J’étais à l’Inter City Firm, on avait des adversaires d’autres villes, mais pour l’équipe il y avait une paix qui se créait avec ceux qui soutenaient West Ham. Cette paix permet de garder sous contrôle les rivalités. Normalement entre les supporters d’un même club, il existe une paix tacite. Mais ce qui se passe au PSG est unique.

Comment expliquez-vous que des fans d’un même club en viennent aux mains ?

En France, les groupes de supporters n’ont pas d’ennemis ou peu, alors que dans les autres pays chaque groupe a des ennemis partout. Paris n’a qu’un seul adversaire : Marseille ! Comme ils n’ont personne sur qui taper, ils se battent entre eux. Les rivalités internes augmentent. En Angleterre, on ne peut pas penser aux rivalités internes car il faut toujours se préparer pour le match du dimanche car de l’autre côté il y aura les hooligans de l’équipe adverse.

Qui domine l’Europe du hooliganisme ?

Lors de l’Euro 2004 au Portugal j’ai découvert les supporters russes. Particulièrement ceux de Moscou. Ils partagent la première place avec les Polonais. La diminution de la violence des fans des autres pays s’expliquent par le fait que ceux qui voyagent ont plus d’argent qu’avant et que cet argent sert à payer la place de match.

Comment a évolué le hooliganisme depuis votre époque ?

Notre culture n’était pas seulement la violence. Notre culture prenait en compte la mode, la musique…. Ça a existé des années 70 au début des années 80. C’était la période pré Heysel. Avant le Heysel, c’était une sorte de révolution au sens politique du terme pour les jeunes qui avaient d’autres intérêts que la violence. Depuis la chute du mur de Berlin, les hooligans ont changé, ils sont allés à l’école, ils ont un background social. Ils se ressemblent tous et ne pensent qu’à la violence.

Quel était votre moteur quand vous étiez un hool ?

Avoir une cause. Cette cause, c’était le club. Nous étions le club. La chose la plus importante était que le club soit respecté.

A votre façon vous jouiez des matches ?

West Ham pouvait perdre des matches mais pas nous. On avait cette culture du gang mais on n’était pas des criminels. Les criminels restent des criminels chaque jour de la semaine. Mais un fan de foot se bat seulement un jour, le jour où son équipe joue et pour son équipe. Le reste du temps, c’est un type normal. J’avais un travail, une famille, mais je lâchais tout pour aller me battre.

Quelle solution existe-t-il contre le hooliganisme ?

On gagnera toujours la guerre contre le hooliganisme. On a vu les dernières années une baisse des problèmes lors des grandes compétitions. Il faut leur faire peur. Quand on montre du respect, on est respecté. Les hooligans sont une minorité mais ils savent très bien manipuler les foules. En déplacement, les fans doivent montrer l’exemple. Il faut que les fans normaux inspirent le respect. Il faut traiter les hooligans comme des fans normaux: les traiter comme on aimerait être traité.
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